Remember the Time

Insomniaque comme je le suis, je l’ai appris bien avant que les médias -et particulièrement les médias français- ne l’annoncent. J’étais face à mon ordinateur et, comme pour les derniers échos de la situation en Iran, c’est Twitter qui m’a délivré -aussi abruptement que possible- LA nouvelle.
Cette nuit, durant un peu plus de deux heures, j’ai été soumettre cette “info” à toutes celles et ceux que je croisais dans la rue et dans les rares établissements encore ouverts pour vérifier, même si cela paraissait -à priori- évident, son impact. Et les regards, les expressions, les premiers mots sont bel et bien à la hauteur du choc… toutes générations, nationalités et sensibilités musicales confondues.
Et à cette heure où le jour se lève, tandis que les médias hexagonaux se déchainent à leur tour et alors qu’il y aurait bien trop à dire pour pouvoir imaginer un article sérieux, complet et réfléchi sur le sujet à cet instant, je ne peux pourtant m’empêcher de glisser ces quelques lignes, sans sentimentalisme exagéré ou opportunisme aucun mais, simplement, pour “matérialiser” la chose… pour moi même.
Par rapport à l’industrie musicale autant que sur le plan mémoriel, Bambi est un phénomène à part et je dis cela en parfaite connaissance de cause dans la mesure où non seulement j’ai -comme des millions d’individus- passé nombre de nuits en discothèque alors qu’il était à l’apogée de son règne mais surtout parce qu’au cours de mon long parcours radiophonique, j’ai animé (entre autres choses) un nombre conséquent de Hit-parades nourris notamment avec l’intégralité de l’album Thriller ! Et cela donne, croyez moi, une perception encore toute différente !
J’ai appris il y une heure que Philippe Manœuvre (avec qui je ne suis pas toujours d’accord, loin de là, mais à qui tout le monde reconnaitra je pense -et moi le premier- une approche pour le moins “vécue et documentée” de la musique populaire) a déclaré que la seule disparition comparable à celle ci était celle d’Elvis. J’avais répondu exactement la même chose une heure avant à une demoiselle, née après la mort de Lennon, qui m’avait téléphoné - sonnée par l’ampleur de la nouvelle- pour me demander si selon moi le retentissement de l’évènement serait comparable à l’assassinat de l’ex Beatles.
A part la mort d’Elvis, rien n’est comparable… en terme d’impact médiatique planétaire (dans ce registre) comme en matière de “choc générationnel”.
Le King of Pop rejoint aujourd’hui dans sa mort (singulièrement presque au même age et après avoir notamment -rappelons le- épousé sa fille) le King of Rock n’ Roll et, bien au delà de ses frasques et des casseroles qu’il trainait, c’est toute une génération qui se sent à cette heure -authentiquement- en deuil d’une partie majeure de ses souvenirs, parmi les plus festifs.
Je me souviens que je m’étais levé plus tôt ce dimanche là.. et que, comme tout le monde, je guettais la première diffusion française -en intégralité- du clip de Thriller… et c’était génial ! Tout simplement génial…
Alors qu’importe la polémique, je me refuse aujourd’hui, malgré le recul et le fait que je n’ai jamais rien eu du fan aveugle ou de la midinette de base, à vomir sur ce qui m’a procuré tant de plaisir ou même seulement a minimiser l’impact de cette -défunte- première icone musicale “globale” sur notre monde (ou, plus bêtement, sur ma propre vie)
Il a eu un avant, il y a désormais un après.
Michael Jackson a été déclaré mort le 25 juin 2009 à 14h26 (heure américaine)
Alors que je bricolais ce post, au beau milieu de la nuit, je voyais sur l’écran d’une télévision un gros hélicoptère verdâtre lui permettre de défier une dernière fois la pesanteur en emportant son corps au County Coroner’s Office pour autopsie. Je réalisais… peu à peu. Et aussi ridicule que cela puisse paraitre, ma gorge se serrait. Car si je n’ai jamais partagé avec l’artiste son syndrome de Peter Pan tout en clamant pourtant sans cesse que le temps n’existe pas, j’ai eu cette nuit, et malgré tout, le sentiment très net qu’une part conséquente de mon enfance autant que de ma jeunesse venait de disparaitre.
En marchant, ma vie défilait à l’envers dans ma tête tandis que ma mémoire dansait le Moonwalk, glissant au gré des entrechats d’un souvenir à un autre.
A cela près, mais cela change tout, que les dalles carrées du sol demeuraient désormais éteintes sous mes pas*.
Et avec ces petites lumières ainsi occultées, comme autant de chandelles mouchées par la faucheuse, s’est enfui, à jamais, une part inoubliable de la magie de ce monde.
“For no mere mortal can resist…
The evil of the thriller”

* Allusion au clip de Billie Jean.
With the Time… (25 juin 2010)
Rien de plus, un an plus tard, que la banalité de mes mots indigents mais, aujourd’hui comme hier, pas l’envie d’un de moins !
This is it, le documentaire musical réalisé depuis, aura offert l’impressionnant (et respectable) témoignage des dernières semaines de répétition de la désormais mythique tournée morte née et le phénomène s’est cristallisé -commercialement comme sentimentalement- de la manière annoncée. Moi je ne dors pas davantage cette nuit qu’il y a un an et j’y repense aujourd’hui… forcément. Sans exagération ni mélodrame, mais avec toujours au fond de l’âme l’écho cette troublante version de Smile livrée par son grand frère Germaine lors des obsèques planétaires du King of Pop. J’ignorais pour ma part que cette bluette des Temps Modernes de Chaplin était son morceau favori. Simple mélodie auparavant, elle sonne désormais pour moi de cette autre manière…
Autant en emporte la légende…
Et demain ?: …notamment une dizaine d’albums d’inédits à venir au fil des années (avec un contrat signé pour la bagatelle de 250 millions de $) mais aussi et surtout, le bien plus inattendu et possiblement grandiose projet du Cirque du Soleil pour 2011/2012. A suivre…
Retour sur image: pour les multilingues, les pages consacrées par ABC News aux derniers jours de l’artiste. Un dossier complet et bien fait à consulter ICI










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