Petit Cra-Cra Noël

By W*

drunk-nativity-scene-via-neatoramacom

Encore un de passé…

A peine franchie la cheminée tagguée sur la porte de l’immeuble que le gros bonhomme rouge gisait déjà dans le caniveau avec 12 balles dans la peau. De plus en plus insatisfaits de leur cadeaux, certains parmi les 30% supplémentaires à choisir cette année de les revendre directement sur internet, posaient déjà leurs annonce en ligne le 24 au soir dès 21h, en plein réveillon. Le troisième millénaire tire ainsi sans sourciller la chasse sur ses rêves préfabriqués et à l’heure où, au moindre tremblement de tête, le RT sur Twitter se fait Tsunami de l’info, certaines valeurs antédiluviennes de notre terroir mental et affectif ressurgissent, en bons marronniers, des mâchoires de l’infernale machine dite des Fêtes. Comme pour l’heure d’été, c’est sur le grand huit de nos élans, sentiments et fêlures que surfent, s’extasient ou vomissent alors en un même chœur les aveuglés et les cabossés de la vie, en positions respectives de conquérants ou d’oubliés des ruelles scintillantes. Les regards embués de bonheur des enfants et des amoureux côtoient ainsi -au diapason de la date fatidique- la brulure du sel des ans sur les plaies de la mémoire et la bipolarité demeurant parfaitement respectée, les mêmes, à différentes étapes de leur existence, vont ainsi de j’adore à je déteste en marquant clairement leur territoire…

J’aime Pas Noël - PV Nova & Monsieur Dream
par MonsieurDream

Mais aujourd’hui, c’est demain déjà. Et je ne sais que trop bien ce que représente la magie de ces instants lorsqu’ils sont vécus dans l’émerveillement du souffle de l’être aimé ou du reflet d’une bougie dans son regard pour oser mépriser l’autre coté du miroir et l’insondable fêlure des réveillons esseulés et déambulés sous de petites fenêtres, toutes de couleurs enguirlandées, derrière lesquelles fusent, sans retenue, les rires endimanchés.
Calvin Collidge écrivait « Noël n’est pas une saison, c’est un état d’esprit »
Alors peut être pourrions nous tenir compte de la puissante magie sentimentale  de cette date, dans sa capacité à nous faire étreindre le merveilleux comme à nous déchiqueter au fil de la lame assasine de nos amours et bonheurs défunts, pour  nous décider à mieux soigner nos rêves et mettre fin, du même coup, à ce grand vide du lendemain que nous sommes si nombreux à éprouver. Parce qu’en attendant qu’elle s’en mêle, pour une terrestre majorité, la seule main qu’on lui veuille bien lui tendre lui réclame quelque chose ou file droit vers sa face ! Rapidement débarrassé de son fragile habillage verdâtre  provisoirement affiché à Copenhague, notre train fantôme est déjà reparti, gavé à la peur de perdre et au du mépris de l’autre, et le réchauffement climatique à rapidement laissé sa place à une autre question essentielle du calendrier :

…combien de temps pour une dinde au micro-ondes ?

‘Jingle Bells’ joué avec des fours à micro-ondes
envoyé par Nouvelobs. - L’info internationale vidéo.

Nous avons pourtant largement dépassé l’heure des postures, et au même titre que nos rapports humains et sociaux, l’évolution nécessaire de nos prétendues démocraties n’appelle plus aujourd’hui ni droite, ni gauche, ni dieu, ni maitre mais imposerait en revanche à chacun de ne plus proposer que ce qu’il est prêt a accepter pour lui-même ! L’indispensable pratique d’une plus large notion d’équité implique, de fait, l’abandon progressif et définitif de l’ensemble des systèmes  fondés sur des rapports sociaux de domination (religieuse, ethnique, politique ET économique) Mais, réfugiés derrière les millions de morts générées par tant d’utopies dévoyées, certains persistent pourtant à qualifier aujourd’hui de démagogue toute démarche prônant la solidarité et le partage. Et en m’entendant relayer, sans rougir, ce souhait d’un refus des arbitraires dominations (pré)historiques, les apôtres du contrôle social, du business et des sphères politiques auront vite fait de qualifier ce postulat de fou, d’Has Been ou de rouge aigri, avant de lancer l’hallali sous la forme d’un moqueur et condescendant « Non mais, vous croyez au Père Noel ! »
Peut être mais surtout, comme Bo, je ne suis pas forcément dupe de son costume…

 Le chien des Obama n’aime pas le père Noël
par BFM

Ce qui ne m’empèche pas en ce 25 décembre de revendiquer l’Utopie comme  seul  minimum raisonnable en tant d’objectif crédible. Parce que celle qui, étymologiquement, n’a pas de lieu, trouve plus que jamais son indispensable place dans le cœur des hommes avec  son « dessein avoué d’annoncer la plausibilité d’un monde à l’envers et dessein latent de dénoncer la légitimité d’un monde soit disant à l’endroit »* Les plus grands rêves naissent le plus souvent derrière de petites fenêtres. Mais pour qu’à la lisière de nos cœurs en écharpe et de notre terre blessée s’éteignent enfin nos angoisses, il nous faudra commencer par  réapprendre à rêver, à refuser et à résister… ensemble.

Serons nous encore capables de nous aimer assez fort pour cela ?

* Définition de L’Encyclopaedia Universalis

Crédits photographiques: “Drunk nativity Scene” by Cakehead love evil via Neatorama - Tous Droits réservés

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Filed in: Edito • Friday, December 25th, 2009

Comments

By Burrito Kaine on December 30th, 2009 at 2:16 AM

Es mejor morir de pie que de vivir toda une vida arrodilado…dit un jour Emiliano Zapata Salazar, alias El Candillo del sur ! Oui mon ami, mieux vaut mourir debout que de vivre toute une vie à genoux (sauf, bien sur cas de force majeure, car Dieu merci la Tequila se boit dans toutes les positions….et parfois, à genoux, on gagne un temps précieux !!!)
Cher W*, je souhaite de tout coeur que l’année à venir puisse nous rapprocher toujours un peux plus du jour ou nous parlerons de cette petite cabane perdue sur une plage de San Benito entre sable et herbes folles, non plus comme d’un fantasme mais comme d’un souvenir…d’ici là, il nous reste la fameuse cheminée de l’hacienda et ses flots de Tequila “almendrad” aux délicieuses éfluves d’amandes de Guadalajara pour parfaire notre idéal et réchauffer nos àmes (sur un fond musical des plus improbable: Bohemian Rhapsody interpreté par Augusto Enriquez !)
Concernant ton fameux sombrero, n’ai crainte, ton fidèle Pedro veille sur lui.
Alors soit prévenu ! Les skillets sont chauffés à blanc, les couteaux aiguisés à bloc, et toutes les vaches du Mexique tremblent déjà à la seule évocation de ta venue ! (c’est un peux comme un Keyser Söze Mexicain si tu veux)
Burrito Kaine est aux commandes et ça va chier !!
Mais qui a dit que nous étions fous, hein ?

cabane

Quelle joli cadeau, le Che de la Fajita… Burrito Kaine HIMSELF ! :-)
Certes il y avait un appel du clavier (faute de pied disponible) dans le post précédent mais la surprise reste complête et l’attention ne me touche pas moins en cette fin d’année puisque, hormis tes talents (divers autant que légendaires) tu es aussi l’auteur du premier commentaire paru sur un post de Soyez Fous ! (ICI) voici quelques mois de cela. Autant dire que, toute affectivité mise à part -et elle n’est cependant pas mince- tu fais, armé de tes sains délires et bardé de tes cartouchières de Jalapenos, indéniablement part intégrante des “piliers” chéris du noble asile.
Merci donc de parfaire, avec autant de talent et si bon gout en matière de choix de citation, mon apprentissage (à ce jour… désastreux !) des langues ibériques et de me rassurer autant sur la santé de mon Sombrero chéri que sur la vigilance à son propos du molosse qui le veille (photo ICI)
Pour ne pas entacher davantage une identité numérique déjà bien typée, je ne m’attarderai cependant pas davantage aujourd’hui sur mes coupables comportements carnivores ou mon goût trop prononcé pour les dérivés de l’ Agave bleue mais ne peut m’empècher de saisir au vol ta question finale pour clarifier mon regard, tant elle évoque le questionnement sur la définition du mot “folie” que je croise fréquemment chez les visiteurs du site.
Tu le sais, je n’ai jamais imaginé la folie comme un auto-chatouillis des aisselles, chapeau pointu et langue de belle mère en prime, associé à quelques pitreries clownesques pour amuser la galerie les soirs de bringue mais comme un regard différent et anticonformiste sur le monde, à défendre et à répandre chaque jour davantage au risque de voir, sans cela, l’ensemble de la création finir par courber définitivement l’échine (avant d’être anéantie) par la faute de la poignée de sinistres marionnettistes, assoiffés de pouvoir et tenants aveuglés du dévastateur système pyramidal, qui ont conduit -depuis la nuit des temps- ce monde vers toutes les souffrances, tortures et guerres. Ce n’est certes que mon humble regard, perdu entre les murs délicatement capitonnées de ce Webmag mais aussi et, je l’espère, de plus en plus à l’avenir, ici comme ailleurs, celui de toutes celles et ceux qui refusent la lobotomie du contrôle social autant que le rejet voire la haine des différences et du libre arbitre.
A l’image du bourdon qui est, aérodynamiquement incapable de voler, mais qui y parvient néanmoins parce qu’il l’ignore, l’impossible ne le demeure que si on reste convaincu de son état. Pourquoi les notions de justice, d’équité, de partage, de respect, d’empathie (et j’en passe jusqu’aux notions d’équilibre voire de bonheur) ne seraient ils que des mots à découvrir à l’école primaire pour bien vite les laisser croupir, atones et vidés de leur sens au fond des dictionnaires. Démagogique ? Utopique ? Enfantin ? Naif ? Fou ?
Pas plus pourtant que de faire espérer au soumis, en exigeant de lui de le rester, de devenir un jour “Calife à la place du Calife” pour pouvoir vicieusement prendre sa revanche en reproduisant les mêmes erreurs et en distribuant -à son tour- les coups dont il est chaque jour la victime.
Sommes nous donc fous Burrito ?
Je ne le crains même pas… je le sais. Mais -comme toi je l’espère- ne veux surtout pas guérir !
Parce que, même s’il n’est pas toujours facile à porter de nos jours, le sourire d’un enfant, le regard de l’aimé(e), le chant de l’oiseau, la petite cabane perdue à San Benito et tous les jardins secrets de nos coeurs vaudront toujours bien davantage que l’étiquette prétenduement ridicule de l’entonnoir qui trône sur nos têtes !
Fous… d’amour.
A bientôt, j’espère… et merci pour ton indéfectible amitié ! :-)

 

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W*: Un message bref mais qui souligne un homme de (bon) goût... vu le choix du pseudo ! :-) Merci pour ton passage et puisse ce refuge t'accueillir aussi souvent que tu le souhaiteras ! You're Welcome...

Schoïnopentaxophile: Soyons fous ;)

W*: That's the idea! :-) "Tamiflou" est un hymne aussi ravageur que... viral ! Petit rappel permanent: http://www.youtube.com/watch?v=gWReq1jWYn0 - Et bravo à Dany Mauro !

Cat: Hilarious! Luvit! Now I have this song stuck in my head... not fair! ;-)

W*: Pardon très chère... j'avais un doute sur vos boucles blondes vues d'ici ! Ce sera donc mademoiselle... et moi pas "monsieur" ! :-) Le reste demeure valable et notamment l'espoir que tu feras un arrêt par ici souvent... Réverence.

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