L’Aboi des Ben(s) - Part. 2: Le Griot blanc.

(Article lié à: L’Aboi des Ben(s) - Part. 1: L’âme noire…)
Un Benjamin n’arrivant jamais seul, notre esprit désormais bien aéré par la Soul Wash du premier peut alors voir poindre à l’horizon le regard mutin du second et si, pour lui, on va ranger un peu les cuivres et les Doo-waps, rien ne va pourtant altérer la brillance du tableau. Noire était l’âme Soul de Ben, Noir est l’impeccable revers de Ben. Des Bens et d’ébène… aussi idiot qu’il fut, tel était bien le menu ! ![]()

En laissant tomber la capuche, en travaillant la mèche et en chaussant un costume cravaté qu’un naturel charmant vient immédiatement (autant qu’heureusement) débarrasser du poids du cliché, Benjamin Paulin pose un regard judicieusement dosé d’humour sur la vie, tout en affichant un cynisme sensible qui fait souvent mouche dès la première écoute. Ce morceau, qui nous l’a révélé, en demeure une parfaite illustration…
Et passé le coup de cœur et un rapprochement éventuel avec Dutronc (par exemple) qui rejoindrait immanquablement l’effeuillage coutumier des “grands dont ils sont les nouveaux” (Brel, Brassens, Ferré, notamment…) qui fleurit d’ennui les articles marroniers sur l’éternel “renouveau de la chanson française, blablabla“… il est bien préférable de lui offrir la simple -mais au combien plus précieuse- reconnaissance de son originale personnalité. Car il n’en manque pas le fils du designer Pierre Paulin, lui qui intègre avec aisance aussi bien le cosmopolitisme très “semelles de vent” de ses origines (italiennes, suisses et allemandes) que le sens de l’esthétisme que semble lui avoir transmis son père. Ajoutez y le parcours d’un trentenaire contemporain ouvert et curieux et c’est en pleine compréhension du sujet que vous l’apprécierez et partagerez sans doute, épidermiquement, sa vision -aussi finement décrite qu’écrite- de l’Homme moderne :
De ses débuts,qualifiés par lui même d’adolescents, au sein du groupe de rap Puzzle à son regard aigre-doux d’aujourd’hui, Benjamin Paulin brasse, intègre et socialise un vécu qui caractérise -avec justesse- les interrogations, contradictions et richesses d’une génération plus scarifiée que sacrifiée tandis que, fruit d’un regard ni dupe ni dépressif, son univers effeuille nos travers et accuse nos maux mais sans jamais se départir d’un humour incisif qui transcende sa nature de simple politesse du désespoir. Ainsi se côtoient sans s’opposer Nietzsche et South Park, Celine et les Monty Python, le peu de tout avec le tout de peu…
Autant dire que le résultat est jouissif. Avec son sourire en coin et son coté sale gosse planqué sous l’apparence du gendre idéal, ce talentueux Griot urbain et son album se montrent intelligemment rafraichissants et, à l’heure où notre monde semble siffler la fin de toute récréation possible de nos consciences, savoir s’amuser de nos maux avec autant de panache est un numéro proprement délicieux. Alors merci M’sieu ! A ce tarif là, on en redemande et ce n’est vraiment pas tous les jours… ![]()

“Ce qu’on fait n’est jamais compris mais seulement loué ou blâmé.”
Friedrich Nietzsche - Le gai savoir
Crédits Photographiques:
- The Russian Negresco (Illustration principale) - Droits acquis sous license Fotolia - www.fotolia.com
Liens sympathiques:
- Le site officiel de Benjamin Paulin: ICI
- Son MySpace : LA
- Son espace perso sous Wordpress: ICI
- Ses vidéos sur Viméo: LA










Leave a Comment