IF (Perpétuelle actualité…)

Ce texte mémorable sonne toujours de manière extrêmement poignante à mes oreilles et j’ai toujours estimé non seulement que, pour quiconque, avoir écrit pareils mots justifiait -amplement- un passage sur cette terre mais aussi que tout individu capable de respecter -simultanément- un simple quart des conditions énoncées méritait, assez noblement, le qualificatif d’ “Homme” (ou de Femme) au sens le plus fraternellement humain…
Je ne peux donc résister à faire figurer ici cette merveille, pour les quelques rares qui ne la connaitraient pas encore ou celles et ceux qui l’auraient trop vite oubliée…
“IF ” - Rudyard Kipling
(1910 - Traduction d’André Maurois de 1918)
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.










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