Couper le cordon…
…et le ruban inaugural, puisque l’heure est belle !

Après m’être retiré de toute forme d’expression médiatique en 2002 et sans penser y revenir un jour, j’ai été jusqu’à renoncer- deux ans plus tard et presque totalement - à l’Internet et cela malgré tous les bouleversements capitaux que ce canal a initié dans ma vie depuis 1998… professionnels, sentimentaux et culturels.
En 2007 pourtant, au gré d’un renouvellement de matériel informatique et du haut débit enfin plus largement dispensé sur le territoire (sachant que mes désirs dans ce domaine, déjà anciens, s’étaient cruellement heurtés non pas à l’avancement technologique de l’époque mais à l’important retard organisé, protectionniste et mentalement sclérosé qu’affichait l’hexagone pour le web) je me suis efforcé de me “remettre en selle” en matière d’actualité du réseau tout en cultivant, sans trop oser l’avouer cependant, le désir d’un nouveau pacte d’expression avec ce dernier.
Mais cela n’était pas aussi simple… et ne l’est même pas complètement aujourd’hui.
En rejoignant l’universelle cohorte des cabossés de la vie, déchiqueté sentimental et naufragé social comme tant d’autres, je ne parvenais que très fragmentairement à renouer avec une saine envie de disserter sur le monde et, lorsqu’une fièvre gourmande née de ses multiples attraits me saisissait encore, un lâche mais assumé renoncement, perfusé d’une fatigue due à mes brutaux changements professionnels, achevait de me convaincre de remettre tout cela à plus tard ou d’enterrer ces folles idées à tout jamais.
Certes, il avait ma tribu… les rares proches qui n’avaient pas détourné les yeux de mon navire au moment du naufrage et qui avaient tenté de me garder à flots en me conservant quelque estime. Ceux là même qui m’ont apporté tous les soutiens possibles et offert tant de pansements à mon âme comme autant d’onguents salvateurs jaillis de leurs rires et de leur inestimables lumières intimes.
Ces historiques plus quelques nouvelles et nouveaux, tels de véritables trésors jaillis du bois, ont maintenu vivante, aussi ténue qu’elle fût, ma précieuse petite flamme. Et leurs mots résonnent encore…
“Mais, ça ne te dirait pas de… ?”, “Et la radio, tu y penses parfois?”, “Tu devrais continuer à écrire, quand même…”, “Et si… ?”
Mais, durant toutes ces années, rien de concret n’en découlait. Il est vrai que je prenais toujours quelques notes en secret et que ma pauvre cafetière fêlée continuait, en une désormais muette habitude, à bouillir en tous sens mais il était flagrant que j’étais encore bien trop fragile pour sortir du bois. Mes larmes se tarissaient peu à peu, à force d’avoir trop coulé, mais ma sensibilité me fuyait par la même occasion et mes rares idées moribondes -descendance inavouable de mes rêves bannis- avortaient toutes prématurément avant même d’avoir seulement imaginé être un jour caressée par la lumière du jour.
A force de ne plus trouver ce que l’on cherche, on finit par chercher ce que l’on trouve.
Jusqu’ici.
Qu’importe alors les énièmes (et, oh combien, répétitives) questions stériles qui me seront, immanquablement, assénées sur la pertinence de créer ce blog hétérogène par rapport, notamment, à ma (toujours nécessaire) reconstruction financière autant qu’à une raisonnable, profitable ou “sérieuse” réorientation professionnelle. J’ai déjà tellement entendu pareils propos dans d’autres occasions que je ne me demande même plus -et depuis fort longtemps- s’ils sont fondés. Et, avant tout, je m’en moque… Comme je m’en suis moqué durant la majeure partie de mon existence réelle tant rien de ce que je suis, et ai jamais été authentiquement, ne réside dans cette approche. Existe pour moi vivre et survivre, deux choses que j’ai toujours perçu comme totalement distinctes, même -et d’autant plus- si j’ai, par chance, j’ai passé le plus clair de mon existence en gagnant ma vie avec mes seuls centres d’intérêts ou mes modestes talents de saltimbanque. Vivre correspond à celui que je suis et devrait, comme théoriquement et utopiquement pour chacun d’entre nous, être encouragé à croître et à s’épanouir. Survivre n’est que la -regrettablement nécessaire et minable - obligation de se procurer quelques subsides pour se maintenir -au moins à minima- dans une société de consommation toujours plus dictatoriale et aliénante.
Cela étant dit, il me reste à jeter également, comme il se doit et dans la même poubelle, le putride et éculé:
“Ce n’est plus de ton âge…”
Parce que Le temps n’existe pas !
Car si cette affirmation qui m’est coutumière ne peut être clairement expliquée, sur un plan purement scientifique, que par d’habiles génies vulgarisateurs genre Hubert Reeves ou Stephen W. Hawking, je n’ai besoin de personne pour vous faire comprendre comment je la ressens et l’exprime en évoquant, par exemple, la différence de perception de la durée d’un même trajet en voiture vers les vacances entre parents et les enfants ou bien encore l’abyssal fossé qui sépare le vécu d’une heure passée à une tâche imposée et un jour au diapason de celle ou celui que l’on aime.
Pour l’état civil, ce 4 juin est la date de mon anniversaire.
Pour moi, il marque -et cela m’émeut bien davantage- la naissance officielle de Soyez Fous !
A tous ceux qui aimeront cet univers comme à ceux qui le dénigreront, a ceux qui viendront l’enrichir de leurs propres rêves et à ceux qui l’oublieront bien vite, aux inconnus d’hier, aux habitués de demain, à toutes, à tous ou à bien moins que cela, je dis simplement Bienvenue et que votre route soit bonne…
Tout ce que vous trouverez ici y figure aujourd’hui, comme pour bon nombre d’entre nous, grâce à l’éducation particulière et la personnalité de mes parents (sans nul doute, suffisamment créative et enrichissante pour avoir développé ma curiosité) mais également, pour ne pas dire d’emblée surtout, à mes ami(e)s et amours. A vous, qui le plus souvent êtes les mêmes, je me dois d’avouer que je ne sais -sincèrement- pas si j’ai été, parfois, ou demeurerai digne de tout ce m’avez offert et appris tout au long de mon improbable chemin mais je sais, et de manière vivace et inaltérable, tout ce que je vous dois.
Puisse la magie de ce monde vous offrir, au quotidien et dans votre propre quête, les fruits et les fleurs de toutes les graines que vous avez -volontairement ou non- semé, fait germer et -incidemment- cultivé en moi.
Vivez bien, vivez fort et… Soyez fous !
W*










Comments
Etre fou n’est pas à la porté de tous, et sur ce point, ce mystérieux monsieur W* cultive, entretient et assume soigneusement sa folie comme nul autre.
En parcourant ce blog, véritable lettre ouverte d’une âme écorchée, mais cicatrisante, voir réconciliée, j’ai le sentiment d’une perche tendue à tout les “tarés” de cette planète, et ressent comme une invitation très incitative à nous extirper de nos misérables et très formatés petits cadres de référence quotidiens. Pour le dire autrement, et peut-être à la manière de certains banquiers respectables qui se travestissent en cachette la nuit, je me suis pris moi-même (car je ne peux me payer le luxe d’être fou que le soir, comme eux) à remplir un formulaire qui, le moment venu, laissera de moi une trace sur la planète Mars ! Plus con tu peux pas faire, mais ça m’a fait plaisir !
Je souhaite à ce blog des plus sympathique de réussir le pari qui consisterai à réunir la plus importante communauté de fous “en puissance” mais aussi, puisque nous avons bon cœur, d’accueillir également les moins fous !
Cher W*, je ne peux m’empêcher de conclure par ces quelques mots : C’est bien la pire des folies que de vouloir être sage dans un monde de fous (Didier Erasme).
Burrito Kaine
Je me demandais qui ouvrirait le grand bal des commentaires sur les post et je ne suis pas décu !
Merci de réserver à ce site un si touchant accueil et de nous livrer une phrase de conclusion face à laquelle toute ma verbeuse prose de bas étage ne saurait que se déballonner à l’image du crapaud voulant se faire plus laineux que le mammouth.
Pour le reste, je te rassure, c’est bien d’une grande partouze 2.0 dont il s’agit de profiter ici et le sage, le con, le fou et le reste de la galerie de portraits de notre insignifiante mais (parfois) magnifique poussière d’étoile peut venir y “chercher bonheur” pour peu qu’il dépose à l’entrée de la pataugeoire, toute intolérance et vélleité de domination.
Bleue comme une orange, cette petite maison accochée à la grande colline du web est ainsi la plus espagnole des auberges, pour profiter du meilleur autant que résister au pire.
Fais comme tous ceux qui le souhaitent, trouves-y la place qui te sied, viens tester les coussins qui y trainent et y croiser des sourires inconnus en partageant ton histoire pour qu’ensemble nous nous mettions “Mobilis in Mobile” en quête de nouveaux émois au gré des différences chaleureusement et généreusement partagées.
Bienvenue a toi, et à elle, sans oublier lui.
Bienvenue aux autres également et… Soyez Fous !
Leave a Comment